Le solide, l'obscur
Rédigé par Belcikowski Christine Aucun commentairele seul, l’unique,
a sa propriété
qu’on ne voit pas,
comme l’homme qui marche vers Monsou
ne voit pas le sol noir
au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres
et comme on ne voit pas les mains
que cet homme a glissées dans ses poches
des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner.
La propriété est ici
d’une épaisseur d’encre (1)
elle mûrit dans la chair et l’os
comme l’encre au fond de l’encrier,
comme le geste dans la main,
comme les mots dans la bouche,
et elle y fait fruit sans rien qu’on en sache
autrement qu’impromptu
dans l’eau du miroir
où l’on voit paraître, le matin,
un visage inconnu,
ou encore dans l’afflux du dire
d’où vient ce mot qu’on regrette
et qui vous fait honte.
Ich hab' Mein Sach' auf Nichts gestellt (2),
J’ai fondé ma cause sur rien,
dit le poète,
et le philosophe après lui.
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1. Émile Zola, L'Assommoir, chapitre I.
2. Goethe, in Vanitas! Vanitatum Vanitas!.